« Silla : l’Or et le Sacré. Trésors royaux de Corée (57 av. J.-C. – 935) » (20 mai – 31 août 2026) : des prêts du Collège de France au Musée Guimet
Nous remercions M. Yannick Bruneton et Mme Mi-Sug No pour leur relecture et leurs corrections.
Selon les dates officielles, entre 57 av. notre ère et 668, la Corée fut partagée entre les Trois Royaumes (et la fédération méridionale des Kayas) : celui de Koguryŏ au Nord, de Paekche à l’ouest et de Silla à l’est. Ce dernier (dates officielles : Ier s. av. n.e. – 935), territorialement étendu après la chute des deux autres royaumes (en 660 puis en 668), occupa une grande partie de la péninsule coréenne, connut à partir du IVe siècle un essor artistique et artisanal en même temps que politique, vivant littéralement un âge d’or. En témoignent les nombreux objets, en particulier des couronnes (période des souverains maripkan, seconde moitié du IVe s. av. n.e. – fin Ve s.), mais aussi des bijoux, réalisés en cette matière, ainsi qu’en argent, jade, verre, pierre, etc. Cette production perdura jusqu’au Xe siècle, notamment autour de la capitale de Silla (Kŭmsŏng ou Sŏrabŏl), l’actuelle Kyŏngju, située sur la côte sud-est du pays.
Ill. Affiche de l’exposition
L’exposition présente un ensemble de pièces emblématiques, dont certains « classés trésors nationaux et présentés pour la première fois hors de Corée du Sud1. » Pour éclairer ces œuvres, le Collège de France prête plusieurs ouvrages issus des collections de la Bibliothèque d’études coréennes :
- Trois fascicules ch’aek du Samguk Sagi, soit Mémoires historiques des Trois Royaumes, dans une réédition à caractères métalliques mobiles publiée entre la fin du XVIIe et le début du XVIIIe siècles (après 1677 et avant 1711) à partir de l’original publié au XIIe siècle (1145) par ordre du roi. Ils font partie d’un ensemble connu pour être la plus ancienne histoire officielle des Trois Royaumes de Corée à avoir été conservée, rédigée par un groupe lettrés fonctionnaires selon le modèle de l’historiographie impériale chinoise se référant à la pensée confucéenne ;
- Trois volumes kwŏn du Samguk yusa, ou Histoires oubliées des Trois Royaumes, compilation au XIIIe siècle (avec des ajouts ultérieurs) de sources locales – principalement de la région de Kyŏngju – et de récits oraux mis par écrit, complétant en partie les données du Samguk Sagi selon un point de vue bouddhiste, dans une édition de 1904 (Tōkyō, Yoshikawa Hanshichi) ;
- Enfin, le Répertoire historique de l’administration coréenne, rédigé par Maurice Courant entre 1890 et 1892, pendant son séjour à Séoul comme interprète et qui est une description précise des rouages administratifs de la Corée de la fin du XIXe siècle présentée dans une perspective historique (description des administrations antérieures). Il perdit rapidement son actualité après la fondation de l’Empire de Corée (1897-1910), mais devint, après sa publication tardive en 1986, un ouvrage de référence pour la traduction des termes administratifs de la Corée prémoderne.
Pour en savoir plus sur l’exposition, vous pouvez consulter la page dédiée sur le site du Musée Guimet : https://www.guimet.fr/fr/expositions/silla-lor-et-le-sacre-tresors-royaux-de-coree-57-av-j-c-935
- « Silla : l’Or et le Sacré Trésors royaux de Corée (57 av. J.-C. – 935) », https://www.guimet.fr/fr/expositions/silla-lor-et-le-sacre-tresors-royaux-de-coree-57-av-j-c-935, consulté le 22 juin 2026 [↩]
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Christophe Labaune (24 juin 2026). « Silla : l’Or et le Sacré. Trésors royaux de Corée (57 av. J.-C. – 935) » (20 mai – 31 août 2026) : des prêts du Collège de France au Musée Guimet. Colligere. Consulté le 15 août 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/16gbf


